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Principales motivations avancées tant |
Motivations propres aux repreneurs |
le goût de l'indépendance, le besoin de se réaliser, la volonté de construire un projet, le goût du profit, l'envie d’être patron, de manager uneéquipe, la recherche d'un positionnement social, l'envie de changer de vie professionnelle, etc. |
l'envie d'entreprendre, sans partir de zéro, la volonté de développer une affaire existante, le souci d'investir et de rentabiliser un capital, la volonté d’exploiter rapidement un savoirfaire, etc. |
Quelques observations
Certains motifs de reprise traduisent davantage le besoin d'occuper des fonctions de direction générale, plus proche en réalité d'un partenariat. Par exemple, l'achat de 30% des titres d'une société, assorti d'un poste de direction générale, traduit un intérêt pour une fonction plus que pour l'appropriation d'un capital.
L'idée de reprendre une entreprise peut être liée à une opportunité, sans représenter forcément une réelle détermination de la part du porteur de projet :
- situation de demandeur d’emploi,
- volonté de quitter une situation de salarié inconfortable,
- connaissance d’une entreprise à céder,
- indemnités de licenciement ou héritage, …
Les motivations du repreneur récidiviste sont différentes :
- Il a déjà connu la réussite dans une opération de reprise, une opération de création, un MBI, ...
- Il a vendu une première entreprise bien avant l'âge d'un départ en retraite et souhaite poursuivre une activité professionnelle. Ce découplage entre le calendrier de l'entreprise, que l'on peut être amené à vendre parce que c'est le bon moment et le calendrier de l'entrepreneur est une évolution récente des mentalités, qui devrait conduire à voir plus de "repreneurs en série" ("serial managers" en anglais) à l'avenir.
- Dans la restauration ou l'hôtellerie, la cession d'une affaire et le rachat d'une autre est souvent la meilleure solution pour faire croître son activité (par un apport en fonds propres plus conséquent, le repreneur peut viser des affaires de plus en plus importantes).
Les motivations d’une reprise d’entreprise par une personne morale sont également différentes :
- besoin de disposer d’une capacité de production plus importante,
- nécessité d'augmenter une part de marché,
- volonté d'accéder à un savoir faire ou un marché en particulier,
- souhait de diversifier les activités, …
Motivations et objectifs
Les motivations servent en fait de détonateur, avec en toile de fond des objectifs à plus long terme.
Après avoir réfléchi à ses motivations, le porteur de projet doit donc définir précisément ses objectifs. Par exemple :
- reprendre une entreprise de manière progressive,
- acquérir la majorité de gestion dès le départ (ou au contraire le plus tard possible) en négociant une promesse de cession du solde des titres à une date déterminée,
- s'il s'agit de la reprise d'un fonds de commerce, passer préalablement par une période transitoire sous forme de location gérance,
- reprendre une entreprise pour la développer et la conserver,
- reprendre une entreprise pour la revendre rapidement en réalisant une plus value permettant de rebondir sur d'autres projets,
- se constituer un capital pour s'assurer une indépendance financière au moment de la retraite,
- assurer la pérennité d’une entreprise familiale,
- reprendre une entreprise pour la céder ensuite à ses enfants et assurer ainsi leur avenir,
- etc.
Et s'il s'agit d'un projet collectif ?
Dans le cas d'un projet de reprise partagé à plusieurs, il est très important de vérifier que les motivations de chaque partenaire sont bien compatibles. C'est une condition de réussite !
Leur collaboration doit être fondée sur une confiance professionnelle et sur une complémentarité de savoir-faire qui ont déjà été mises à l'épreuve et non sur une complicité amicale.
Par ailleurs, il faut vérifier que leurs aspirations concordent : face à la réussite d’une reprise, mon associé peut vouloir prendre une rémunération plus importante tandis que je décide d’investir et de développer l’activité…
Atouts et contraintes sur le chemin de la reprise
Les atouts
Disposer d'un "savoir faire" et d'un "savoir être"
C'est essentiel ! Un repreneur doit posséder, d'entrée de jeu, une personnalité qui fera de lui un "bon patron". Il doit être conscient que, contrairement à une création d'entreprise, il ne dispose généralement que d'une centaine de jours pour convaincre et pour montrer d'emblée toutes les facettes de sa personnalité !
Certains candidats à la reprise ont déjà exercé des fonctions de direction générale, de gestion d'un centre de profit, d'une filiale ou d'un atelier. C'est un point positif, car ils y ont acquis et démontré les aptitudes nécessaires à la direction d'une affaire :
- une bonne puissance de travail,
- de la ténacité,
- une capacité de prise de décision, de synthèse, et d'analyse des situations,
- le sens de l'animation d'équipes,
- une large ouverture sur l’environnement,
- une aptitude à inspirer confiance
Mais attention cela ne suffit pas nécessairement : cette expérience a pu être acquise dans un environnement propice, en bénéficiant d'une logistique adaptée, de l'appui de conseillers et des services d'une infatigable secrétaire !
Ils doivent être conscients que reprendre une entreprise, c'est "mettre les mains dans le cambouis", s'atteler à diverses tâches parfois peu habituelles pour certains qui, par exemple, ne seraient jamais entrés dans une usine ou un atelier...
Il faut aussi un caractère bien trempé pour faire face seul, sans la protection d'une maison-mère, lorsqu'il faut prendre des décisions lourdes, prendre des risques calculés, gérer les imprévus : le client qui fait défaut ou ne paie pas, le banquier qui ne suit plus.
Un repreneur doit coiffer de multiples "casquettes" : avoir la fibre commerciale, des connaissances approfondies en gestion, un bagage juridique, de bonnes capacités de manager, etc.
Le gestionnaire doit savoir parler au chef d'atelier et être introduit dans certains milieux professionnels, connaître la culture du secteur...
Le technicien ou l'ingénieur doit, quant à lui, avoir l'expérience de la gestion.
Avoir de l'expérience
L'expérience déjà acquise dans la vie professionnelle (expérience généraliste, ou dans un secteur d'activité, dans le management, expérience de la TPE ou de la PME) doit faire prendre conscience de ses lacunes.
Faire un bilan de compétences permet souvent d'y voir plus clair !
Il est par ailleurs souvent conseillé de suivre une formation complémentaire ou de s’associer avec des personnes aux compétences complémentaires.
Les contraintes
Des contraintes peuvent peser sur le projet de repreneur ; il faut les examiner sans complaisance avant de commencer une prospection et vérifier leur compatibilité avec la situation engendrée par la reprise de l’entreprise.
Le repreneur pourra-t-il dégager suffisamment de temps pour étudier et préparer son projet compte-tenu de sa situation actuelle ? S'il est salarié par exemple, ne doit-il pas envisager une solution telle que la prise d'un congé spécifique (création/reprise à temps plein ou temps partiel ou formation) ?
Son entourage familial adhère-t-il au projet ? Cette adhésion est très importante, en particulier celle du conjoint, qui peut apporter une aide psychologique et matérielle en prenant en charge certaines tâches.
- La famille sera-t-elle prête à faire certains sacrifices pendant la phase de reprise : déménagement éventuel, nouvelles conditions de vie familiale défavorables (moins de temps libre, moins de congés...) ?
- Quelles seront les répercussions sur les enfants, voire les parents et parfois même les petits-enfants ?
Son apport financier personnel est-il suffisant pour chercher des financements complémentaires et convaincre des partenaires financiers ?
Quelles sont ses charges financières actuelles : crédits personnels en cours, pension alimentaire ? etc...
Sa santé est-elle compatible avec les exigences du projet ? Notamment quand il faudra faire face à des périodes d’intense charge de travail...
En conclusion
Par rapport à son expérience, à sa formation, à sa situation familiale, à ses objectifs de carrière et de vie privée, le repreneur doit être convaincu de la faisabilité de son projet de reprise.
D'ailleurs, est-ce bien la seule solution ?
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Le point de vue du banquier |
